DAUPHINE (MASSIF des ECRINS), Août 1953.
Les BANS (3669 m), les ECRINS (4102 m), la MEIJE (3983 m).

En été 1953, LS avec 5 autres alpinistes lausannois décidaient de sortir de leurs horizons valaisans et vaudois habituels et de passer une semaine dans le Dauphiné. Objectif: les 2 sommets emblèmatiques du massif des Ecrins, les Ecrins et la Meije, et les Bans, pour commencer, histoire de s'accoutumer à un environnement étranger pour eux. LS en scooter avec son ami J.-P. G. rejoignaient les 4 autres à la gare de Grenoble; c'était un trajet de 150 km au moins, Genève - Annecy - Chambéry - Grenoble, par les petites routes encore mal remises de 5 années de guerre. Ils déposaient le scooter à la consigne de la gare SNCF, à la veille d'une grande grève. Et les 6, qui allaient faire 2 cordées de 3 prenaient le bus pour la Bérarde, porte d'entrée du massif des Ecrins la plus proche et accessible de Grenoble; la route de la Bérarde valait les petites routes non goudronnées de la Suisse d'après guerre, et le bus avait vu des jours nettement meilleurs. A Saint Christophe, le chauffeur faisait un arrêt d'un quart d'heure, pour vaquer à ses occupations et permettre la visite du cimetière où reposent les alpinistes tués lors d'ascensions des sommets du massif, ou mort de leur belle mort (www.landrucimetieres.fr/spip/spip.php?article1419); les grands noms, Gaspard, vainqueur de la Meije, Castelnau, Zsigmondy, celui de la première traversée, Gaston Turc... Ces cimetières, on les trouve dans tous les centres alpins, Zermatt, Chamonix, etc... C'est un lieu de pélerinage les jours de mauvais temps!

La Bérarde était un tout petit village, au confluent des vallons menant vers les refuges et sommets au programme des amis de LS: en direction Sud, le vallon du Vénéon, issu du glacier de la Pilatte; c'était le chemin du refuge de la Pilatte et du sommet des Bans. Le vallon de la Pilatte y aboutit, en provenance du versant Sud-Ouest des Ecrins, avec le refuge de Temple-Ecrins. Venant de l'Est et du versant Nord des Ecrins, le vallon de Bonne Pierre. Enfin, le vallon des Etançons, de direction Nord, aboutissant à la Meije, avec l'arête du Promontoire et son refuge (photos J.-L. Blanc).

Google Maps
Carte (Google Maps) de la région du massif des Ecrins visitée par LS et ses amis.
Légende: A- vallon du Vénéon. B- glacier de la Pilatte. C- refuge de la Pilatte. D- les Bans.
E- refuge Temple-Ecrins. F- les Ecrins. G- glacier Blanc. H- refuge Caron. I- col des Ecrins. K- glacier & vallon de Bonne Pierre. L- Ailefroide. M- Pelvoux.
N- vallon des Etançons. O- refuge du Promontoire. P- Meije.


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La Bérarde, à gauche, et le vallon du Vénéon, à droite.

Refuge de la Pilatte - Les Bans.


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Les Bans, et l'arrivée au sommet.

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Le vallon de la Pilatte, en montant au refuge, et vu depuis les Bans, 2 belles perspectives.

Refuge de Temple-Ecrins - les Ecrins par le versant S-W - Refuge Caron - col des Ecrins - la Bérarde.

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En montant aux Ecrins, panorama sur les Bans, le Pic du Says et les Rouïes, de gauche à droite.

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Panorama sur le Pelvoux, le Pic sans Nom, le Coup de Sabre et l'Ailefroide, de gauche à droite.

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Le Pelvoux.

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Après quelques erreurs d'itinéraire dues à une mauvaise lecture du guide, les 2 cordées finissent par prendre pied sur le petit glacier suspendu au-dessus de la face Sud et arrivent au sommet des Ecrins par un temps menaçant (à gauche, le Pic Lory, vu depuis le sommet principal). Elles descendent le versant glaciaire Nord et ses rimayes, de nuit, à la lampe de poche et au clair de lune, traversent le glacier Blanc pour atteindre après minuit le refuge Caron, situé sur sa rive gauche. Il est plus que bondé, et les 6 petits Suisses n'y sont pas les bienvenus...

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Le refuge Caron et la Pointe de la Grande Sagne, à l'Est des Ecrins.

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Le lendemain, après rétablissement et petit déjeûner succints, toute l'équipe remonte le Glacier Blanc pour passer le col des Ecrins et descendre à la Bérarde. Ils passent devant les glaciers suspendus, séracs et rimayes descendus pendant la nuit. Le col des Ecrins domine les vallon et glacier de Bonne Pierre et son passage semble anodin mais il est dangereux; son versant Bonne Pierre est coupé de 2 barres rocheuses que le guide, très clair, recommande de tourner largement par le Nord. La neige devenant molle, ils enlèvent leurs crampons pour ne pas "botter " et glisser. Ils sont doublés par une cordée de 3 parisiens rencontrés la veille, à qui LS se permet de recommander d'en faire autant; pas le temps, ils sont pressés, erreur de débutants, fatale... Nous les retrouvons une demie-heure après au pied de la pente, qu'ils ont dévalée en sautant les 2 barres de rochers: l'un, le crâne fracassé n'a plus besoin d'aide, il ira reposer au cimetière de Saint Christophe. Un autre est moins amoché, mais n'a plus de dents, le troisième pourra descendre avec nous chercher du secours. A la Bérarde, les secours en montagne sont inexistants, pas même un brancard correct... Les gendarmes, eux, sont de vrais gendarmes d'avant-guerre, képis et leggings!


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A gauche, le vallon de Bonne Pierre, bien nommé, avec le Clocher et le Flambeau de Ecrins.

Le refuge du Promontoire - la Meije par l'arête du Promontoire.

Après une nuit entassés dans la seule chambre disponible du petit hôtel de la Bérarde, LS et ses amis décidaient, en dépit d'un moral bas, de poursuivre leur programme. Ils remontaient le vallon des Etançons, long de 7 km, et passaient la nuit au refuge du Promontoire, charmant vieux refuge en bois, avec une vue dominante superbe; ils y étaient seuls avec une autre cordée suisse qui séjournait à la cabane du Mountet lors de l'ascension de la Dent Blanche par les 4 Ânes par LS et son ami J.-P. G., en Juillet. Le monde alpin était petit...

la Meije Wikipedia-1  refuge promontoire
A gauche, l'arête du Promontoire aboutit au glacier carré (Wikepedia); on voit bien ce petit glacier suspendu en volant de la Méditerranée à Paris. A droite, le refuge du Promontoire, au pied de l'arête du Promontoire (carte postale).
Alors que la traversée de la Meije était planifiée, LS et ses amis se contentèrent de gravir le petit pic au droit du glacier carré et redescendirent à la Bérarde.


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A gauche, le Pic Gaspard, au S-W et en contre-bas de la Meije. A droite, le passage du Crapeau, sur l'arête du Promontoire.

Cette ascension de l'arête du Promontoire de la Meije mettait un terme à cette escapade dans le Dauphiné. Il en était resté à LS l'envie d'y retourner, attiré par la sauvagerie et la solitude de ces montagnes. Et aussi par les pentes glaciaires du versant Nord des Ecrins, à faire à skis un jour de Juin; voeux jamais réalisé... 4 des amis de LS rejoignaient Zermatt via la Vanoise et la vallée d'Aoste. Lui-même rentrait à Lausanne sur le scooter de J.-P. G., miraculeusement sorti de la consigne de la gare de Grenoble, bloquée par une grève déclenchée par la CGT, avec l'aide des anciens FTP et des mitraillettes de la Résistance ressorties pour l'occasion! Surprenant et choquant pour des Suisses...!






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