HAUTES ALPES CALCAIRES.

Cette dénomination géologique et morphologique bien pratique désigne cet ensemble des Alpes plissé et nappé, d'âge mésozoïque, longeant frontalement l'ensemble de l'arc alpin. En Valais, ces nappes dites Helvétiques se nomment nappe de Morcles (au coeur) et nappe du Wildhorn (plus extérieure), elle-même se divisant en 3 unités, Diablerets, Mont Gond et Sublage. Ces formations calcaires et marneuses donnent un relief et un paysage très particulier dont l'altitude des plus hauts sommets dépasse juste les 3000 m. Ces Hautes Alpes constituent une barrière importante entre le Valais et les préalpes bernoises, coupée de 3 passages classiques, d'Ouest en Est: col du Sanetsch, col du Rawil et col de la Gemmi, fréquentés historiquement et préhistoriquement.

carte HAC 3
Carte (mapplus.ch) des Hautes Alpes Calcaires. Les sites gravis sont soulignés ou abrégés (sur les cartes plus détaillées plus bas, les remontées mécaniques ont été effacées).



Carte Alpes
Carte géologique de l'arc alpin montrant en vert l'unité géologique des nappes helvétiques et ses équivalents latéraux.
La coupe ci-dessous est située par le trait noir.

coupe helvétique 2  strati Hevétique
Coupe géologique à travers les nappes helvétiques, à gauche; échelle stratigraphique, à droite.
Les deux figures ci-dessus sont tirées de la publication de A. Escher, H. Masson & A. Steck: Coupes géologiques des Alpes Occidentales Suisses, mémoire 88/2 des Labos de Géol., Minéral., etc... de l'U. de Lausanne.


Dents du Midi (Pointe de Chésery), 1954-55.

Les préalpes françaises du Chablais étaient facilement accessibles, dans les années 50, à travers le lac Léman, par les bateaux de la ligne Lausanne-Evian, puis par les autobus montant à Morzine et aux Gets. C'était tout un domaine skiable pendant les mois d'hiver et au début du printemps, bien exploité maintenant. La pointe de Chésery, à la frontière franco-suisse, dans la région maintenant dénommée "Portes du Soleil, était un joli but de randonnée, avec retour par Morgins, en Suisse, station totalement déserte en hiver. Son sommet offre, comme tous ceux de la zone frontière une vue spectaculaire sur le massif des Dents du Midi (Haute Cime gravie par LS en 1945 ) et de la Tour Salière (voir dans les pages H. Brandt la photo prise de Valerette, et la page E. Gos).


carte Dent. du Midi
Carte (mapplus.ch) du massif des Dents du Midi et de la zone frontière. La pointe de Chésery d'où sont prises les photos est soulignée.


Le massif Dents du Midi-Tour Salière-Ruan fait partie de la nappe de Morcles, élément inférieur des nappes Helvétiques (voir plus haut). Le plis couché de la nappe de Morcles vient chevaucher et glisser, par l'intermédiaire des formations triasiques, dont le sel et le gypse servent de lubrifiant, sur un socle ancien. Ce plan de chevauchement est situé juste sous la retenue du lac de Salanfe (sans nom sur la carte); il en résulte une perte des eaux du lac qui ressortent dans le val d'Illiez, après passage sous les Dents du Midi!

LS XX-011 t  LS XX-013 t
L'ensemble, sur 2 photos, des Dents du Midi, de la Tour Salière et du Ruan, vu de la Pointe de Chésery (photos L. Saugy, 1954-55).

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Les Dents du Midi, vues de Valerette / St. Maurice, côté face (photo H. Brandt, 1926).

EG 14 tr  LS 45-01 t
Côté pile: les Dents du Midi, à gauche (photo E. Gos, vers 1920) et la Tour Salière, à droite (photo G. Saugy, 1949), vues de la plaine de Salanfe.
La plaine de Salanfe, envahie par les eaux du barrage, est située devant.

La Dent Favre (1954).

La Dent Favre fait partie de l'ensemble Dent de Morcle (petite et grande), Muveran (petit et grand), etc... constituant l'unité nappe de Morcles des nappes helvétiques; cette région n'est séparée du massif des Dents du Midi que par la vallée du Rhône, simple interruption morphologique. Elle s'inscrit dans le coude de cette vallée au niveau de Martigny. Côté valaisan, ce massif était accessible depuis Ovronnaz et la cabane du Muveran, ancienne cabane en bois reconstruite en pierre en 1952. Bien que parcourue souvent par LS, il lui en reste très peu de souvenirs photographiques; beaucoup moins qu'à H. Brandt, sa mère, cf sa page cab. Rambert. A skis, la Grande Dent de Morcles et la Dent Favre étaient facilement accessibles.

Carte Morcles-Muveran - copie copie
Carte du massif Dent de Morcles-Muveran. La Dent Favre est indiquée par DF et la cabane Rambert par CR.


LS 54-169 t  LS 54-170 t
La Dent Favre, à gauche, et Tita-Séri, à droite, plus au Nord.



Les Diablerets, 3210 m (1953 & 1955).

LS et ses amis avaient pris l'habitude de commencer la saison de ski, début Novembre, par l'ascension des Diablerets. Ce massif constitue l'essentiel de l'élément éponyme partie de la nappe helvétique. Seules les randonnées de 1953 et 1955 ont laissé des souvenirs photographiques. Dans les années 50, le téléphérique et la disneylandisation subséquente du glacier de Panérossaz n'existaient pas encore; ils prenaient le train bleu ASD jusqu'à la station des Diablerets, déserte en Novembre, puis montaient à pied au col du Pillon; ensuite un sentier grimpait en zigzagant jusqu'à la cabane des Diablerets, située sur un replat, sous le plateau du glacier de Panérossaz. En Novembre, le calme était assuré! Le lendemain, skis aux pieds, ils montaient sur le plateau glaciaire de Panérossaz par un couloir débouchant en bas sur la falaise de Pierredar. La montée ne présentait aucun danger, en début de saison avec encore peu de neige, mais la descente était impressionnante et dangereuse. Toute chute était interdite... Un camarade, pourtant excellent skieur, fit le grand saut en 1959, en se portant à l'aide de son amie! (photos anonyme et J.-L. Blanc)

carte Diablerets
Carte du massif des Diablerets. La cabane des Diablerets est indiquée par CD. (mapplus.ch)

LS 53-113 t  LS 53-119 t
A gauche, la cabane des Diablerets était une cabane ancienne, en bois. A droite, sortie, sur le plateau glaciaire, du couloir descendant vers le précipice de Pierredar.


LS 53-114 t  LS 55-107 t
A gauche, vue du glacier de Panérossaz vers le sommet; à droite, au sommet.

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Une fois, ils avaient fait le détour par la "Quille du Diable" (photo E. Gos), à g. De cet endroit, on plongeait (à d.) sur Derborence, avec vue sur les Alpes valaisannes.

LS 53-116 t  LS 53-118 t
Du sommet, on jouissait de la vue, à g. sur le lac Léman, noyé sous la mer de brouillard, derrière les Tours d'Aï, et sur le massif des Muverans, à dr.

Derborence, 1953.

L'habitude avait été prise par l'OJ, à l'automne, lorsque les mélèzes étaient en feu, de faire une sortie raclette; c'était la fin de la saison d'été. Un des amis de LS, qui avait des relations dans la vallée de Bagnes, se procurait une meule de fromage de Bagnes vieux de plus de 6 mois, et la raclette se faisait dans la nature, sur un feu improvisé, avec une ou deux bouteilles de lavaux (blanc sec à partir de chasselas). En 1953, c'était à Derborence (voir le site www.derborence.ch), endroit très retiré et sauvage, atteint depuis Bex par Gryon, Anzeinde et le Pas de Cheville.(photos J.-L. Blanc).

carte Derborence copie
Carte du site de Derborence, au pied des Diablerets (mapplus.ch).

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Montage panoramique du cirque de Derborence, en descendant du Pas de Cheville. En haut de la falaise des Diablerets, à gauche, la Quille du Diable, à droite, le Mont Gond.

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Dans les forêts de mélèzes de Derborence; à droite on remarque les rochers dévalés des Diablerets lors des éboulements successifs.

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Le lac de Derborence.

Col de la Croix d'Achia (Mont Gond), hiver 1954 ou 1955.

Le col de la croix d'Achia (Achia, nom à consonnance maghrébine, en fait achia, maison isolée, étymologie Henry Suter) est situé entre le mont Gond et la pointe de la Fava, à l'ouest de l'itinéraire menant au col du Sanetsch (voir carte plus haut). C'était un joli but de randonnée à skis hivernale, à partir de Conthey. LS et ses amis couchèrent au chalet du ski-club du Sanetsch,dans les mayens de Conthey, et montaient le lendemain au col de la Croix d'Achia. Trop de neige interdisait toute tentative d'escalade du Mont Gond (photos L. Saugy). Si l'on se reporte à la coupe géologique en haut de page, on remarque que le Mont Gond a donné son nom à une unité tectonique des nappes helvétiques, en position supérieure à celle des Diablerets.

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Carte du Mont Gond et du col de la Croix d'Achia (CCA) (mapplus.ch).

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Depuis les Mayens de Conthey, la vue sur les Alpes valaisannes est superbe: à gauche, le Weisshorn et son arête Nord, à droite, la Dent blanche et le Cervin.

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Au-dessus des mayens de Conthey, des chalets d'alpage écrasés de neige; au fond, le Grand Combin.


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A gauche, la neige fondue au soleil crée de beaux glaçons. A droite, le vallon montant au col du Sanetsch, passage vers les préalpes bernoises.


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A gauche, le Mont Gond; à droite, la croix du col d'Achia et les Diablerets, avec la petite Quille du Diable.

Le Wildhorn (3248 m), hiver 1954.

Comme le montre la coupe géologique en tête de la page des Hautes Alpes Calcaires, le Wildhorn a donné son nom à l'unité supérieure de la nappe Helvétique. Dans les années 50, la cabane CAS du Wildhorn, située sur le versant bernois du Wildhorn n'existait pas, ni celle des Audannes, sur le versant valaisan. Par une relation du CAS, LS et ses camarades obtenaient l'autorisation de passer la nuit d'un weekend de février dans les logements des ouvriers participants à la construction du barrage de Tseuzier, sans nom sur la carte, en amont de Crans; simples dortoirs, libérés pour la durée du weekend par les ouvriers; montée à pied et à peaux de phoque, depuis Crans. Le lendemain, montée par le vallon maintenant ennoyé par les eaux de la retenue (chemin du col du Rawil), pour atteindre le plateau glaciaire du Wildhorn, comme aux Diablerets, et ensuite la crête menant au sommet (photos J.-L. Blanc ?).



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Carte (mapplus.ch) de situation du Wildhorn.

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Les mayens et chalets d'alpage sont ensevelis de neige, début Mars.


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Les mélèzes deviennent clairsemés, en prenant de l'altitude, et disparaissent.

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En s'élevant, le Bietschhorn apparaît à l'horizon, vers l'Est, et le plateau glaciaire est atteint, avec vue sur le Grand Combin.

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Depuis le sommet, les grands 4000 valaisans sont au rendez-vous, les Mischabels, ceux de la couronne d'Anniviers et la Dent Blanche.

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Vers l'Ouest, ce sont les Diablerets qui se profilent, en enfilade.

Le Torrenthorn (2998 m), Mars 1954.

Le Torrenthorn n'atteint juste pas les 3000 m. C'était donc une petite randonnée à skis. Il est situé sur la rive gauche de la vallée montant au col de la Gemmi, dernier col facilement accessible avant les grands 4000 des Alpes bernoises ; à l'entrée de la vallée, c'est Loèche, ancienne cité fortifiée contrôlant le passage du col; au pied du col, c'est Loèche-les Bains, station thermale, dont les eaux jaillissent au contact entre les nappes Helvétiques et le socle ancien, comme dans le val d'Illiez. et ailleurs. Le Torrenthorn fait aussi partie de l'unité tectonique des nappe Helvétiques; c'est la série géologique la plus ancienne de la nappe du Wildhorn, série marneuse du Jurassique inférieur, écrasée et refoulée au front de cette nappe, nommée "Ultrahelvétique"; pas simple, cette géologie, rien à voir avec la simplicité helvétique!


carte Torrenth
Carte (mapplus.ch) de situation du Torrenthorn.


LS et ses amis étaient en voiture, ce weekend de Mars 1954, une Peugeot 202 empruntée à un ami, et laissée à Loèche; puis par le sentier montant à Albinen et ensuite plus haut, à l'hôtel du Torrenthorn, ancien hôtel d'altitude de la belle époque. Un renseignement erroné leur avait indiqué qu'une annexe était ouverte et accessible; il y avait certes bien une annexe, mais fermée à clef, qu'il fallut forcer avec à un couteau, suisse évidemment. Nuit glaciale, inconfortable et vraiment misérable; juste une soupe tiède pour se réchauffer! Montée le lendemain vers ce sommet en pente douce, sur une neige gelée; puis descente par une neige de printemps très agréable, directement sur le hameau de Chermignon et Loèche (photos J.-L. Blanc). Ce jour-là, LS marchait une nouvelle fois sur les traces de sa mère, Hélène Brandt, qui avait fait le Torrenthorn en 1924, à pied, mais sous une tempête de neige (voir la page Torrenthorn chez Hélène Brandt).


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L'hôtel du Torrenthorn, à gauche, en montant au sommet; le dôme sommital, à droite.

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Le sommet offre la vue, à gauche, vers l'Est, sur le Bietschhorn; à droite, vers le Sud, sur les 4000 anniviards avec la tête du Cervin.

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A gauche, à Chermignon, ils rencontrent des skieurs du pays, étonnés de cette visite, le Torrenthorn n'étant pas une destination courue. A droite, un arrêt dans l'herbe permet de faire sècher les chaussures.

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Rarogne (photos L. Saugy).

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LS et ses amis eurent encore le temps d'aller à Rarogne, à 10 km, se recueillir sur la tombe (photo wikipedia.org) de Rainer Maria Rilke (1875-1926), poète né à Prague,
ancien secrétaire de Rodin, mort en Suisse d'une leucémie dans la tour de Muzot, à Veyras, près de Sierre.
"A moins qu'un animal, muet, levant les yeux, calmement nous transperce" (huitième élégie à Duino).







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