MASSIF du MONT BLANC (Suisse).

La partie suisse du massif du Mont Blanc fait suite naturellement, vers le Nord-Est, à la partie française. C'est essentiellement la région du plateau de Trient avec les sommets avoisinants. Elle se termine, à l'Est, par un arc val Ferret suisse - val Ferret italien et val Veni, la morphologie se calquant sur la géologie. Cette partie suisse était accessible par le chemin de fer mètrique Martigny - Vallorcine - Chamonix maintenant unifié sous la dénomination "Mont-Blanc Express", à l'image de l'"Express des Glaciers" Saint Moritz - Zermatt. ou bien en train jusqu'à Orsières et ensuite à pied ou par autocar à Champex, le télésiège de la Breya et la cabane de Trient (anciennement Dupuis) via celle d'Orny. Autre solution élégante et gourmande, mais plus fatigante pour atteindre la cabane de Trient, suivre le bisse depuis Champex jusqu'au val d'Arpettaz, se régaler d'une tarte aux myrtilles au bistrot du coin, puis monter le val d'Arpettaz, passer le col des Ecandies et poursuivre sur le plateau glaciaire du Trient. Dernière solution, accèder par le val Ferret (Praz de Fort - La Fouly) à la région des glacier de Saleinaz et la l'A Neuve (Aig. d'Argentière - Tour Noir - Dolent) avec les cabanes de Saleinaz et de l'A Neuve.

Toutes les courses de LS dans le massif du Mont Blanc Suisse n'ont pas laissé de témoignage photographique: en particulier le Chardonnet et l'Aiguille d'Argentière, deux classiques, objets de tentatives arrêtées par le mauvais temps. LS se souvient, lors d'un orage au milieu du plateau de Trient, d'avoir entendu piolets et crampons grésiller; ils se sentaient bien impuissants...

Les Aiguilles Dorées (3520 m), Juillet 1952.

En Juillet 1952, LS était monté à la cabane de Trient, avec l'OJ du club alpin de Lausanne, pour faire la traversée des Aiguilles Dorées, puis celle des Ecandies. Lui et ses jeunes camarades étaient encadrés par un chef OJ et des aînés. Ce devait être sa première incursion dans le massif du Mont Blanc suisse (photos anonymes). Le point culminant, du point de vue difficulté, était l'escalade de l'Aiguille Javelle (3435 m). Emile Javelle (1848-1883), dont le nom a été attribué, sans qu'il en ait fait la première ascension, à cette aiguille des Dorées, était alpiniste, poète et prof de Français (de Lettres plus exactement) au collège de Vevey; il emmenait certains de ses élèves en montagne; tutoiement dans l'environnement alpin, et vouvoiement au collège... On parlait encore de lui au collège de Vevey dans les années 1920! Il a laissé "Souvenirs d'un Alpiniste", Payot éd, 2ème édition, 1892), qui a émerveillé les alpinistes de cette époque.

Dorées-Ecandies
Carte de la région de Trient du massif du Mont Blanc suisse (mapplus.ch). Les lieux mentionnés sont soulignés.


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Les Aiguilles Dorées, vues de la cabane de Trient. L'aiguille Javelle est la deuxième depuis la gauche. En arrière plan, le Chardonnet.

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Les Aiguilles Dorées, en enfilade depuis l'Est.

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Montée à l'Aiguille Javelle; remarquer le personnage engagé dans la faille, plus bas à gauche qu'à droite.
Photos à rapprocher de celle d'H. Brandt prise au même endroit.

Les Ecandies, Juillet 1952.

Autre sortie encadrée avec l'OJ du CAS de Lausanne: ils étaient partis du col des Ecandies, en haut du val d'Arpettaz, pour parcourir cette belle arête de granit. Une autre fois, LS l'avait faite dans l'autre sens, en évitant ainsi de monter la paroi du pic (passage en V), à gauche de la photo, que l'on descendait en rappel ((photos anonymes).


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L'arête des Ecandies.

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Depuis les Ecandies: à gauche, les aiguilles du Tour; à droite, l'aiguille d'Argentière et l'Aiguille Verte.

Le massif du Mont Blanc Suisse présentait aussi de nombreuses possibilités de randonnées à ski, en hiver ou au printemps, certaines d'une journée, à partir de Vevey.

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Carte du massif du Mont Blanc; les noms mentionnés sont soulignés en rouge.
(carte du livre Mont Blanc aux 7 Vallées, Frison-Roche & Tairraz, Arthaud éd.)

Col de Balme, Février 1953.

Un dimanche de Février 1953, LS, son père Georges et quelques amis de Vevey prenaient le premier train, juste passé 5 heures, omnibus , jusqu'à Martigny, puis le train mètrique de Martigny à Vallorcine, changaient à Vallorcine pour le train de Chamonix, et débarquaient enfin à la station du Tour par une matinée belle, mais glaciale; ils chaussaient leurs skis et montaient avec le téléski aux chalets de l'alpage de Charamillon; puis montée à peau de phoque en direction de la crête-frontière, et descente sur le col de Balme, puis le vallon vers la vallée de Trient. Il ne restait plus qu'à suivre le bisse venant du vallon de Trient jusqu'au col de la Forclaz, et à poursuivre la descente vers Martigny (photos Georges Saugy).

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Les chalets de Charamillon, avec le vent soufflant la neige, à gauche, avec l'Aiguille Verte; à droite, l'ensemble Aiguille Verte - Mont Blanc.

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Le col de Balme, à gauche, et la Joux Noire / Trient.

Glacier de Saleinaz - Cabane de Trient - glacier de Trient, 14-16 Mars 1955.

Au printemps de 1955, LS, pour arrondir ses fins de mois, acceptait d'aller échantillonner, pour le compte de la Commission Helvétique des Glaciers (prof. A. Renaud), les eaux d'un certain nombre de glaciers valaisans. Il s'agissait d'échantillonner leurs eaux hivernales pour les analyser et déterminer leur potentiel en D2O (eau lourde, utilisée dans la filière de certains réacteurs nucléaire). LS était bien rémunéré, ainsi qu'un assistant, et bien sûr leurs frais remboursés. D'Orsières, LS et son assistant, un ami alpiniste en chômage temporaire, montaient à l'extrêmité du glacier de Saleinaz et échantillonaient son eau, puis montaient passer la nuit à la cabane de Trient, descendaient le lendemain le long des séracs du glacier de Trient, échantillonnaient l'eau de ce glacier, passaient la nuit à Trient et rentraient par le train Vallorcine - Martigny. C'était la traversée du massif de Trient, belle randonnée de ski de printemps. Le week-end suivant, c'était le val d'Hérens et d'Anniviers, par le col du Torrent pour le plaisir. Auparavant il y avait eu quelques autres glaciers, certains atteints directement par leurs galeries de captage d'eau de remplissage des barrages hydroélectriques. On était alors en pleine construction des barrages de Mauvoisin, de la Grande Dixence et autres (photos R. Porchet).


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Le bas et le haut du glacier de Saleinaz. Cela n'avait pas été facile de prélever de l'eau!


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Les séracs du glacier de Trient, à gauche, et l'extrêmité du glacier, à droite.


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Pas facile non plus de prélever l'eau du glacier de Trient.


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En descendant le vallon de Trient.

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Le glacier de Trient vers 1890.
(photo extraîte du livre d'E. Javelle, prise vers 1890 par O. Nicollier)

Val d'Arpettaz - col de Ecandies - Aiguilles du Tour - glacier de Trient, 23-24 Avril 1955.

Fin Avril 1955, LS et des amis neuchâtelois allaient à Champex par le train et l'autocar, puis montaient le val d'Arpettaz, passaient le col des Ecandies et couchaient à la cabane de Trient. Le lendemain, ils traversaient le plateau de Trient, grimpaient aux aiguilles du Tour et descendaient le glacier de Trient, en longeant ses séracs pour atteindre le bisse du col de la Forclaz (www.trient.ch/bisse.htm), et descendre ensuite à Martigny; comme en venant du col de Balme en Février 1953 . Encore une belle randonnée de ski de printemps (photos J.-L. Blanc).

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Passage du col des Ecandies et montée sur le plateau de Trient.

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Montage photographique de l'Aiguille d'Argentière et du Chardonnet.

Le versant Est du massif du Mont Blanc suisse, c'est à dire la rive gauche du val Ferret suisse offrait aussi de jolies randonnées à skis et ascensions d'été, dont les Darrei, la Grande Luis, le Tour noir et la superbe culmination du Dolent. LS y était déjà allé en camping avec ses parents, tout petit, en été 1942. Ces sommets étaient accessibles à partir de la Fouly en y montant depuis Orsières ou depuis la cabane de l'A Neuve (anciennement Dufour), ou de Saleinaz, plus à l'intérieur du massif de Trient. Pour le Dolent, il fallait dépasser la Fouly et monter bivouaquer le plus haut possible, pour raccourcir le lendemain l'ascension de ce sommet de 3823 m. Son intérêt anecdotique était d'être à la jonction des frontières de la Suisse, de l'Italie et de la France; aucune photo n'est restée de cette ascension.

Ferret
Carte du massif du Mont Blanc; les noms mentionnés sont soulignés en rouge.
(carte du livre Mont Blanc aux 7 Vallées, Frison-Roche & Tairraz, Arthaud éd.)

La Grande Luis (environ 3500 m), 30 Avril - 1 Mai 1955.


Le dernier week-end d'Avril 1955, LS et 3 amis prenaient le train jusqu'à Orsières, ensuite montaient à pied à la Fouly, où un ami leur avait prêté son chalet pour y passer la nuit. Le beau temps étant assuré, ils partaient très tôt pour la Grande Luis. Jolie randonnée sans histoire, il faisait chaud, et la neige de printemps à point permettait un beau ski
(photos R. Porchet).

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Sous le sommet de la Grande Luis, vue sur le Dolent, à gauche, et vue sur l'arête du Tour Noir, à droite. (photos R. Porchet)

Le Grand Darrey (3514 m), Août 1953.

Un week-end de fin du mois d'Août 1953, LS et son père montent à la Fouly, puis à la cabane de l'A Neuve, pour escalader le Grand Darrey. Une autre cordée de Genevois, qui avait raté l'Everest en 1952, avait le même projet, pourtant bien modeste pour ces alpinistes. Le temps était au brouillard qui, une fois levé, avait laissé une fine pellicule de verglas sur les rochers; la plus grande prudence s'imposait. La vue depuis ce petit sommet était superbe. La descente leur permettait de traverser sur le glacier de Saleinaz, en faisant face à l'aiguille d'Argentière (photos L. Saugy).


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Montage panoramique sur la chaîne du Dolent au Tour Noir.

Tour Noir O. Nicollier vers 1890 t
Rappelons qu'Emile Javelle fit la première du Tour Noir, en 1876.
(photo extraîte de son livre, prise vers 1890 par O. Nicollier)

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A gauche, le Dolent, bien cadré! à droite, l'Aiguille d'Argentière depuis Saleinaz.





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