ALPES (L. Saugy)

Introduction

Fils d’Hélène Brandt et de Georges Saugy, amoureux des montagnes et de la photographie (voir leurs photos et aquarelles sur ce site), Luc Saugy est né à La Tour de Peilz, au bord du lac Léman, au pied des Préalpes Vaudoises. Une grande partie des weekends et vacances, il les passa avec sa famille dans les Préalpes et les Alpes, puis avec ses amis du CAS, réalisant à pied et à skis les plus belles randonnées et ascensions alpines. Nombre de ces ascensions sont documentées, par les photographies de sa famille, d’abord, puis par les siennes et celles de ses amis du CAS, dont certains noms ont été oubliés et sont restés dans l’anonymat. Cette intense activité alpine se termina en 1957, par l’expatriation de LS à l’étranger au service d’une importante compagnie pétrolière. Les jeunes années de LS, c’était la guerre 1939-1945, et l’après-guerre. Le Valais, à cette époque, était pauvre, misérable, plus proche des conditions des années 1920 que des années 2000. En Valais, jusque dans les années 50, de nombreux petits villages, stations et hôtels d’altitude n’avaient pas de routes, et dépendaient des mulets, en caravanes souvent, pour leurs liaisons; les grands barrages n’existaient pas où étaient en construction, et les remontées par câbles (téléphériques, télésièges et télécabines) commençaient seulement à être développées; les marches d’approche se faisaient donc encore beaucoup à pied. Le transport par voitures se développait rapidement, mais les lignes de chemins de fer secondaires, et autres transports en commun étaient sagement conservés. Suite au développement du tourisme, certaines cabanes (refuges en France), fréquentées alors par des alpinistes seulement, sont devenues des restaurants d’altitude. Et les sommets qui faisaient l’objet de courses d’un weekend se font maintenant sans effort dans la journée. Les parents de LS entraînèrent aussi dans les montagnes 2 neveux, plus âgés que LS et sa soeur; ces sorties ont également laissé des documents photographiques. Les photographies sont toutes en noir et blanc, prises avant la commercialisation des films couleurs. Elles sont groupées et présentées par vallée et par région; certaines ont été reprises par un site suisse, notrehistoire.ch, auquel LS a volontiers participé. LS tient à remercier Guy Genoud, guide de haute montagne, qui l'a aidé à reconnaître et à mettre des noms sur des lieux et montagnes oubliés depuis 50 ans.

Arc Alpin
Carte satellite de l'arc alpin (refuges.info).

Quelques notions sur la géologie alpine: Le mémoire 1988/2 de l'Institut de Géologie de l'Université de Lausanne (A. Escher, H. Masson & A. Steck, Coupes géologiques des Alpes occidentales suisses) résume parfaitement la complexité structurale de l'arc alpin. Cette publication est la seule à couvrir et à synthétiser l'ensemble de l'arc alpin, et accessible à tout alpiniste ou randonneur curieux d'en savoir un peu sur le paysage alpin. Elle mériterait d'être mieux connue. LS en a reproduit quelques extraits qui permettent de replacer les sites alpins définis et photographiés dans leur contexte tectonique.


carte géol arc alpin
Carte géologique de l'arc alpin mettant en évidence en les colorant les principales unités (nappes) tectoniques:
Cristallin, Austro/Sud-alpin, Pennique, Helvétique et Préalpes.
(d'après Escher, Masson & Steck, in Mém. Inst. Géol. Uni Lausanne, 1988/2)

coupes alpes - copie 2
Coupe géologique N-W - S-E à travers l'arc alpin. On reconnaîtra, de droite à gauche, les unités tectoniques de la carte ci-dessus. Seul le cristallin n'affleure pas suivant le tracé de la coupe.
(d'après Escher, Masson & Steck, in Mém. Inst. Géol. Uni Lausanne, 1988/2).



JEUNES ANNEES.

Dès leur plus jeune âge, LS et sa soeur furent entraînés par leurs parents dans les préalpes vaudoises et les alpes valaisannes; et mis sur des skis sitôt qu’ils purent se tenir debout. Mais, dans les années 30, il n’y avait guère d’équipement adapté à la randonnée et au ski pour les enfants, et ce genre d’équipement faisait juste son apparition pour les adultes. Le fuseau de la maison Allard, à Mégève, n’apparut qu’en 1930. Les parents de LS avaient conçu et cousu eux-mêmes une tente canadienne juste dimensionnée pour leur famille, divisible en éléments pour pouvoir être portée plus facilement, tente principale, toile de fond, double toit, avant-toit et abside. Chacun en portait un morceau et chacun avait son sac de couchage, fait maison, rembourré de laine cardée; pas de matelas pneumatique, à peine inventés ou trop lourds. Seul moyen de transport, le train, puis le vélo, lorsque LS et sa soeur devinrent plus âgés. La première sortie, ou du moins la première photographie de la tente familiale, date de 1940. C’était à la Dole, à 2 pas de la frontière, avec des cousins plus âgés. Eté 1940: la France et l’Europe venaient d’être envahie par les troupes allemandes, après une « drôle de guerre » commencée en 1939. Le gouvernement suisse avait proclamé la neutralité de la Suisse et l’avait fait accepter par les belligérants; l’armée suisse avait été mobilisée, puis des périodes de « relève » organisées, et une vie à peu près normale avait repris son cours. Un rationnement avait été nécessaire, et toutes les familles avaient l’obligation de cultiver une parcelle de terrain. Les autorités suisses avaient négocié l’accès au port de Gênes de sa marine marchande ( la marine suisse tant raillée!) en échange du passage de convois militaires ferroviaires, par le Gothard, de nuit, entre l’Italie et l’Allemagne. Des réfugiés et internés avaient été accueillis et logés dans les hôtels désertés; et des juifs échappés à l’extermination (plus de 5 millions de morts) recueillis aux frontières par des militaires regardant ailleurs. Le 1er Août, fête nationale suisse, les grands feux traditionnels étaient allumés, et ceux des Savoyards sur leurs montagnes, de l’autre côté du lac Léman, guettés et applaudis! Il faut rappeler que, en Europe, la Grande-Bretagne se battait seule, que seules la Suisse et la Suède étaient restées neutres, avec l’Espagne de Franco et le Portugal de Salazar, dictateurs sympathisant du régime nazi. Et pendant ces années de guerre, la famille Saugy avait organisé ses week-ends et ses congés dans les montagnes; surréaliste d’imaginer ces loisirs paisibles au milieu d’une Europe à feu et à sang...



ALPES 1951-1957

Après ces années d’apprentissage de la nature, de la montagne et de ses habitants, de la faune et de la météo, avec ses parents, et avec l’aide, les conseils et l’entraînement de l’OJ de la section des Diablerets du CAS, LS se rendit peu à peu indépendant. Toutes ses ascensions de cette période ne sont pas représentées par des photographies; souvenez-vous du dicton: une photo ratée, c’est une photo pas prise... Manquent à l’appel de nombreuses petites courses à ski ou à pied dans les préalpes, et aussi des ascensions importantes; à partir d’un certain niveau de difficulté et d’engagement, LS et ses camarades ne pensaient plus à la photo, surtout avec les appareils photo de l’époque, sans pose-mètre incorporé ni mise au point automatique. Manquent à l’appel un Cervin par Zmutt, des photos de l’arête des 4 Ânes à la Dent Blanche, le Dolent à skis, le Dôme de Miage à skis, un morceau de Haute Route dans le Sud des Alpes, des petites ascensions dans le val d’Hérens en particulier, dont la Couronne de Bréonna et le Pigne d’Arolla, un Monte Leone à skis, etc... Les photos présentées sont les siennes ou celles de ses camarades, dont certains sont restés anonymes. Les cartes sont celles de mapplus.ch, ou googlemap, dont les remontées mécaniques ont été effacées, autant que possible, et des noms de sites ajoutés. De 1951 à 1957, LS se consacra donc intensément à la montagne, moyenne et haute, au détriment parfois de ses études, avant de s’expatrier hors de Suisse comme géologue-géophysicien pour une grande compagnie d’exploration pétrolière.

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