TEXAS - HOUSTON

Le Texas, c'est 679 000 km2 pour 25 millions d'habitants, le plus grand état américain après l'Alaska (la France continentale, c'est 547 000 km2 pour 65 millions); la capitale, ce n'est ni Dallas, ni Houston, mais Austin, jolie petite ville, sur des collines, de 1 700 000 habitants; et un joli campus vallonné et verdoyant où les étudiants se déplacent à bicyclette. Waco, la ville de la famille Bush, c'est un bourg pour ne pas dire un trou de 100 000 habitants, avec 2 aéroports tout de même; s'y arrêter et boire une bière dans un pub de la grande rue en y parlant français est une expérience: on s'y fait regarder (de travers?) autant que dans le saloon d'un western... Le paysage est constitué essentiellement de prairies, à perte de vue, avec des collines à l'Ouest. Des richesses: Les vaches dessus et les hydrocarbures dessous. A l'Ouest précisément, c'est San Antonio, avec un centre et des restos genre mexicains le long d'une rivière où naviguent des péniches pour touristes; charmant. Et bien sûr Fort Alamo! Les vrais Texans disent que c'est ça, le vrai Texas! Le plus grand état des USA, qui regarde les autres de haut, et les autres pays européens aussi, dont la France. L'Allemagne, les Texans connaissent un peu, ils y ont des troupes, et les belles américaines blondes à yeux bleus en viennent (dans les années 1980, 80% des habitants étaient d'origine allemande); l'Europe de l'Est aussi est connue, car il y a des immigrés polonais et autres. Le Mexique, les Texans connaissent, à cause des immigrés, légaux ou illégaux ( les "wet-backs" mouillés d'avoir traversé le Rio Grande à la nage) et des vacances à Cancun.

Houston, où LS a été basé de 1979 à 1982, est perdue au milieu d'une étendue de prairies et de forêts de pins traversée par le "Buffalo bayou" dont la tendance était au débordement les jours d'orage; un centre ville ("downtown"), avec les quartiers résidentiels autour, plus ou moins riches ou pauvres; et c'est à 2 heures de la mer. LS vivait dans un quartier résidentiel du Sud-Ouest, d'abord dans une "town-house", puis dans une maison individuelle entourée de pins, avec de gros écureuils gris et effrontés narguant ses chiens. les bureaux n'étaient pas loin. Le climat moins chaud / humide qu'en Afrique, atteignait 40° en été; mais en hiver, les fronts froids, descendaient directement de l'Arctique en balayant les grandes plaines de l'Ouest américain, et il neigeait un fois par hiver; passer en une nuit de la climatisation au chauffage n'était pas exceptionnel. Au début des années 1980, Houston comptait moins de 2 millions d'habitants, dont 90% était d'origine allemande (ah, les belles américaines blondes aux yeux bleus...). A noter qu'au Texas existaient aussi des communautés d'origine est ou nord-européennes; le polonais était encore couramment parlé dans certaines petites bourgades; mais tous étaient fiers d'être américains... A Houston, 3 évènements semblaient être marquants: les semaines de rodéo s'ouvrant avec la "rodeo parade"; la Saint Patrick (comme partout aux USA, surtout sur la côte Est), quand tous arrivaient au bureau avec une cravate ou un accessoire vert, buvait une bière ou un verre de blanc coloré de vert; l' "OTC", "Offshore Technology Conference", exposition et convention de la technologie pétrolière; cet évènement où tous les contracteurs offshore étaient présents donne la mesure de la puissance pétrolière des USA.

LS était chef-géophysicien à la direction exploration de la filiale Elf, après l'avoir été au Cameroun et au Nigéria. Cette filiale de Houston était très petite, comparée aux filiales africaines; aux USA, faute d'investissements suffisants, elle se comparait à de tout petits indépendants, comme il y en a des dizaines; le personnel français était, techniquement, supérieur au personnel américain; mais ce dernier avait la connaissance approfondie d'un ou de deux bassins, rarement plus, et c'est pourquoi il avait été embauché ou contracté. Surtout, dans ce continent immense aux bassins pétroliers multiples, manquait, de la part de la direction un choix clair des bassins sur lesquels intervenir, ne serait-ce que onshore (terre) versus offshore (mer). Le président d'ELF de l'époque (DESS et très politique), avait succèdé à un ancien ministre au passé prestigieux; fidèle à ses convictions, ce grand Monsieur, en venant au Nigéria, avait fait le tour de l'Afrique, avec un petit Mystère 20, seul jet d'affaires existant, pour ne pas survoler l'Algérie... Le nouveau président était très américanophile (ce n'est pas un défaut), mais sous influence d'amis américains très affairistes ne cherchant qu'à se faire porter financièrement; une offre douteuse de ces derniers refusée avait valu au directeur de la filiale son billet de retour dans les 24 heures, ce qui avait jeté un froid! Avait suivi le rachat d'une compagnie pétrolière et chimique aux actifs mal définis, avec un domaine minier sans valeur, en y conservant, contre les us américaines, son directeur limite honnête (mais fréquentant son église baptiste avec assiduité) et un personnel d'exploration sans qualification aucune et ignorant toute technicité moderne... C'était l'époque de la construction de la tour de La Défense, avec un étage rajouté par le même président mégalo, pour être la plus haute... Epoque où se terminait l'affaire des avions renifleurs, voulue et dirigée en dehors de toute hiérarchie et dans le plus grand secret par un X-mines, vice-président "naïf" au point de croire à l'existence d'un rayonnement secret découvert par un baron belge et un "chercheur" italien permettant la détection des champs pétroliers, et de plus dirigeant la recherche scientifique du groupe! Ce qui conduisit à forer des puits en France en dehors de tout permis et donc de toute toute légalité, et de tout cadre géologique; et en Afrique du Sud un puits de 5000 m dans les basaltes... C'était il y a 20-30 ans. D'un président à un autre, d'un X-mines (le seul à poser les bonnes questions) à un polytechnicien...de Grenoble, puis à un énarque, cela s'est mal terminé: ce dernier, sans vision mondiale, croyant gérer une épicerie de quartier, ratait tout et Total raflait le pot... mérité pour l'un et l'autre, et dans les deux sens!

Texas_2002
Carte du Texas (wikipedia).
1143 km X 1223 km, 679 000 km2.

Texas-Big-Map
Le Texas est divisé en 8 régions; le nom le plus curieux est "panhandle" (manche de poêle).

Tx & vicinity
Le Texas est un grand état!
(extrait du "Great Texas Joke Book" par James Cloutier,1981, Image West Press)

Texas Geologic Map - Geologic Maps of the 50 United Stateséch. strat.
Carte géologique du Texas. l'échelle est la même que celle de la carte topo plus haut.
En (très) gros, les séries stratigraphiques deviennent de plus en plus anciennes depuis le golfe du Mexique en direction N - W.
L'échelle stratigraphique à droite permet de mieux interpréter la carte; au Paléozoïque, les couleurs sont légèrement différentes.


early Tx oil copie
Les découvertes d'huile au Texas depuis les débuts jusqu'en 1936. Echelle identique que la carte ci-dessus.
La première exploitation date de 1866, à "Oil Springs", à l'Est du Texas en 1866.

Oil Springs 1866
La première exploitation de pétrole date de 1866, à "Oil Springs", à l'Est du Texas.
Les 2 figures ci-dessus sont extraîtes de "Early Texas Oil" par W. Rundell, jr, Texas A & M ed.)

On ne peut pas parler du Texas sans dire un mot du bétail, qui n'est bien sûr pas la spécialité de LS; c'est la deuxième richesse de cet état avec le pétrole (le bétail dessus, le pétrole dessous): plus de 20 races sont élevées dans les ranches du Texas, dont la plus inattendue est le zébu importé d'Afrique et la plus spectaculaire la "longhorn", impressionnante par la dimension de ses cornes; bien sûr, toutes les races européennes sont représentées, ou presque; pas de vaches valaisannes (mais des simmental), ni d'écossaises highland, mais des angus. La taille des ranches va de 500 ha à 250 000 ha, et il y en a un peu moins de 250 000 pour 50 MM ha. Quant aux nombre de têtes de bétail il est d'environ 15 millions. Le Texas est un grand état... De ces ranches, on ne voit pas grand'chose, seulement les entrées, avec des habitations très éloignées; ce sont quelquefois de petites bourgades, avec une demeure seigneuriale, copie conforme de celle de JR, quand on a le privilège d'y être invité; piste d'aviation privée, hélicos; même les cow-boys ont parfois troqué leurs chevaux pour des montures volantes! voitures paquebots, Lincoln Continental ou Rolls peintes en jaune ou en bleu ciel... Richesse peu discrète, mais c'est le style texan. C'était aussi celui de la Braniff, compagnie d'aviation dont les salons d'attente de première étaient bien connus ("cow-boys" bourrés, hôtesses olé-olé), partagés à Chicago avec Swissair, dont ce n'était pourtant pas le genre! Le Texas, ce sont aussi une quarantaine de collèges et d'universités publiques et privés, dont la Rice University, superbe, à Houston, datant du début du XXème siècle.


longhorn
Une "longhorn", emblématique du Texas.

Houston.

Sam Houston avait battu les troupes mexicaine du général Santa Anna à San Jacinto, après la prise de Fort Alamo par celui-ci la même année et était devenu président de la république du Texas, lorsque cet état était encore indépendant, puis sénateur lors de son union avec la fédération. Houston avait moins de 2 millions d'habitants au début des années 1980; LS habitait le quartier résidentiel situé à l'Ouest de la ville et au Sud de l'autoroute allant à San Antonio, la Katy freeway (du nom de Kansas-Texas Railroad, Katy n'était donc pas une cow-girl!). Au Nord de la Katy freeway, c'était nettement moins bien. Peu de distractions à Houston, golf très cher, club de tennis avec une centaine de courts; pour les amateurs, un opéra excellent, paraît-il, Houston est riche! Le vendredi à 17 heures, après le bureau, la tradition, c'était la "happy hour", 3 pour le prix d'un, "bloody-mary", "screw-driver" , bourbon et cocktails variés et colorés; une fois a suffi à LS... Dimanches d'hiver sinistres... Un joli rock-shop, un marché aux puces sous un immense hangar, tout est grand au Texas... Le samedi soir, de nombreux Texans se sentent une âme de cow-boy et troquent costume / chemise / cravate pour jean / ceinture de cuir et buckle-belt énorme / chemise à carreaux / bottes de cow-boy / stetson. A Pâques, ils échangent le chapeau de feutre pour le chapeau de paille, structuré pareil; et en route pour le resto cow-boy, T-bone ou hamburger et le kicker-dancing. A Pasadena se tenait un immense kicker-dancing, véritable institution: à côté d'un vaste parking (nombreux pick-ups ou trucks), dans un hangar genre salle du Parc des Expositions, avec de longues tables, c'était chez Mickey Gilley's; tout était M.G., l'orchestre bien sûr, la bière, les serveuses ou chanteuses genre Marylin Monroe dans "Rivière sans Retour", etc... Pendant les pauses, on pouvait s'exercer au "bull-riding" mécanique et autres jeux... Ambiance! Le samedi, c'était le shopping dans les centres commerciaux, en particulier à la "Galleria", déjà immense dans les années 1970, puis doublé pour devenir le plus grand du monde en 1980... Le samedi soir, ce pouvait être le rodeo de Simonton, suivi aussi de son kicker-dancing; le "Far-West" profond et authentique...



USA 103 t
Vue péri-urbaine de Houston.

USA 101 t USA 031 t

USA 102 t
Les tours de "downtown".


Le Sam Houston park, inséré en bordure des tours du centre-ville. Ce qui restait du vieux Houston était soigneusement préservé.

USA 109 t USA 107 t

USA 105 t USA 106 t

USA 108 t USA 110 t


Ci-dessous: La construction, à Houston et aux USA en général; "townhouses" ou maisons individuelles, c'est une armature de bois, avec isolation de laine de verre et placages intérieurs et extérieurs. On adapte n'importe quel style dessus, moderne ou élizabétain... Le résultat à droite; les volets, balcons, etc... ne sont aussi qu'un élément de décoration fixes. Construction et démolition rapides; très inflammable: en un après-midi, un quartier de 600 "townhouses" avait brûlé. Une consigne en cas d'incendie: sortir immédiatement sans chercher à sauver quoi que ce soit. Ne restaient que les gros éléments de l'électroménager... Les quartiers de "townhouses" étaient organisés en communautés, avec piscines, tennis, enlèvement des ordures ménagères, sécurité, etc... C'est dans l'une de ces communautés que LS emménagea à son arrivée, avant d'aller vivre dans une maison individuelle.


USA 929 t USA 927 t

USA 940 t USA 937 t
La piscine pour les adultes; les familles avaient la leur, quelle tranquilité...

USA 923 t USA 911 t
La possession d'une arme était recommandée y compris par la police; encore fallait-il apprendre à s'en servir, un loisir du samedi matin.

USA 920 t
On rencontrait de belles américaines au stand de tir...


USA 957 t USA 956 t
La maison individuelle de LS et celles de son quartier faisaient un peu maison de "Blanche-Neige et des Sept Nains", ou "Petite maison au fond de la prairie". Elle était bas de plafond, avec volets décoratifs fixes, les briques étant juste une décoration...

USA 950 t USA 955 t
Côté pile: terrasse, de grands pins et vue sur un bayou.

USA 943 t USA 900 t
Les chiens faisaient aussi les voyages, et ils allaient suivre au Nigéria. Le terrain était bien clos, et les écureuils les narguaient et les excitaient...

La Galleria.

Au début des années 1980, c'était le plus grand (?) shopping-center au monde, qui venait d'être doublé, avec 3 étages et une immense patinoire au rez-de-chaussée. Toutes les 5 minutes, le sens de rotation changeait, et tous obéissaient... Aucun problème de parking, comme partout à Houston. Restaurants, pubs, commerces populaires ou de luxe, etc...

USA 351 t

USA 350 t USA 348 t



Le Rodeo de Simonton.

Simonton (la ville de Simon, du nom d'une famille émigrée de N. Caroline vers 1840) est une toute petite bourgade confidentielle, un hameau de quelques centaines d'habitants, à une heure de Houston (en continuant Westheimer pendant une petite heure, et c'était immédiatement après le chemin de fer à droite); le rodeo se tenait tous les samedis soirs dans un immense hangar, depuis quelques dizaines d'années. C'était vraiment le far-west profond et authentique, peu de visiteurs étrangers, ce rodeo drainait les fermiers de la campagne environnante. Il était beaucoup moins professionnel que celui de Houston. Le spectacle était aussi bien plus proche que sur la piste de l'"Astrodome".



USA 352 t USA 368 t
Tous les samedis, il y avait une foule de spectateurs.

USA 358 t USA 361 t

USA 359 t
L'ouverture du rodeo, drapeaux texan (lone star) et américain; "God Save America", et main sur le coeur; fiers d'être texans et américains!

USA 365 t USA 362 t
Le "calf-roping"

USA 363 t
Un raté au "calf-roping"!

USA 366 t
Les mômes avaient aussi leur heure de gloire: le lâcher d'une chèvre!

La "Rodeo Parade" de Houston.

Les 3 semaines du Rodeo et de l'exposition de bétail sont, en Mars, le grand évènement avec, en Avril, l'OTC, Offshore Technology Conference & Exhibition. De telles semaines de rodeo ont lieu dans toutes les villes de l'Ouest américain, en remontant vers le Nord avec le printemps; à Calgary, c'est le "stampede", au mois de Juillet. C'était l'époque où les "rough and tough" cow-boys professionnels prenaient l'avion, avec leur selle arrivant avec les valises sur le tapis roulant. Ces rodeos sont une affaire de professionnels, comme il y a des pros de foot, de basket, de rugby, de tennis ou de golf, avec classements, etc... A Houston, c'est l'"Astrodome", enceinte de 60 000 places qui accueille ces compétitions, avec la foire / exposition de bétail dans les halles annexes. Ces deux évènements symbolisent bien la richesse du Texas: le bétail dessus, le pétrole dessous, tout est dit.

La "rodeo parade" inaugure 3 semaines de rodeo, avec le défilé "downtown" de groupes venus des villes environnantes: fanfares avec les pom-pom girls, authentiques cow-boys venus de leurs fermes, groupes folkloriques se dirigeant vers l'Astrodome; c'est la fête, et avec beaucoup d'authenticité; et tous ces drapeaux américains, texans montrent la fierté d'être américain...Tous ces groupes ont campé, la nuit précédant le défilé, dans un grand parc public, avec barbecues et bière. Et ils sont heureux de parader dans les rues de Houston. Le jour de la parade, tout le monde arrivait au bureau en jean, ceinture avec "buckle-belt", chemise à carreaux et stetson, y compris le personnel féminin. Tous se sentent une âme de cow-boy, comme ils se sentaient descendants de la diaspora irlandaise à la Saint Patrick!

USA 026 t

USA 025 t USA 02 t

USA 016 t USA 010
Le drapeau à droite du chuck-waggon est celui des Etats Confédérés lors de la Guerre de Sécession de 1861 à 1865, celui de gauche est celui de l'état du Texas (lone-star state).

USA 08 t

USA 017 t USA 018 t
Des fanfares et des cow-boys noirs, aussi!

USA 09 t USA 03 t
Les "chuck-waggons", du nom de Charles (Chuck, abréviation de Charles) Goodnight, fermier texan qui les construisit à partir de 1866.
Chuck-waggons et long manteaux, nous sommmes en plein film "Western"!

USA 013 t USA 015 t

USA 021 t USA 028 t
La gueule des 2 saint hubert, à droite, heureux?!

USA 030 t USA 012 t

USA 01 t USA 011 t

USA 023 t USA 04 t

USA 022 t
La petite blonde, d'origine Nord ou Est européenne, sans doute, n'a rien perdu de la parade.
Son père, non armé, n'est pas en service.


Haut de page